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Pourquoi choisir la SCEA pour mon exploitation agricole ?

Souvent choisie pour sa grande liberté d’organisation, la société civile d’exploitation agricole (SCEA) séduit de nombreux porteurs de projets agricoles. Elle permet d’associer exploitants et non-exploitants, personnes physiques ou morales, le tout en facilitant la transmission de l’entreprise. Cette forme sociétaire est de plus en plus adoptée en France, on la décrypte pour vous.

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Pourquoi créer une SCEA ?

Au regard du Code rural, la SCEA est moins encadrée que le Gaec ou l’EARL, elle constitue une forme sociétaire plus souple qui présente un certain nombre d’avantages.

Premier atout de la SCEA : la souplesse de ses statuts. Contrairement à d’autres sociétés agricoles plus normées, la SCEA laisse une large marge de manœuvre aux associés pour organiser le fonctionnement de la société, la répartition des pouvoirs, les modalités de prise de décision ou encore les règles de cession de parts sociales.

Autre atout de la SCEA : il n’y a pas de capital social minimum exigé. Aucun capital social minimum n’est imposé par la loi. Les associés fixent librement le montant du capital dans les statuts, ce qui facilite la création de la société, notamment lorsque les apports financiers sont limités au démarrage. Les apports sont généralement réalisés en numéraire, ou en nature (matériel, bâtiments, foncier, cheptel).

Troisième atout de la SCEA : elle se distingue également par la possibilité d’accueillir des associés non-exploitants. Des membres de la famille, des investisseurs ou des partenaires peuvent ainsi entrer au capital sans participer directement aux travaux agricoles. En poussant la logique plus loin, une SCEA peut même être constituée exclusivement d’associés non-exploitants. Cette configuration est toutefois à manier avec précaution. 

Autre point fort de la SCEA : elle constitue également un outil intéressant pour préparer la transmission de l’entreprise agricole. La cession progressive de parts sociales permet d’organiser l’entrée d’un repreneur tout en maintenant les équilibres économiques et familiaux.

Ce mécanisme offre souvent plus de souplesse qu’une transmission en direct des biens agricoles, notamment lorsqu’il s’agit d’intégrer plusieurs héritiers ou de dissocier propriété et exploitation.

Enfin, dernier point important : la SCEA autorise la présence d’associés personnes morales. Cette caractéristique permet de mettre en place des montages de type holding agricole, dans une logique de structuration, de gestion patrimoniale ou de développement du groupe.

Les inconvénients de la SCEA

Si la SCEA offre une grande liberté, elle impose en contrepartie des contraintes qu’il faut anticiper.

Première limite : la SCEA ne peut pas être unipersonnelle. La présence d’au moins deux associés est impérative dès la constitution et tout au long de la vie de la société. Ce point peut constituer un frein pour un exploitant souhaitant exercer seul, auquel cas d’autres formes juridiques, comme l’EARL unipersonnelle, seront plus adaptées.

Autre inconvénient majeur : la responsabilité illimitée des associés. En cas de difficultés financières, les associés peuvent être tenus responsables des dettes sociales sur l’ensemble de leur patrimoine personnel, proportionnellement à leur participation dans le capital. Cet engagement fort distingue la SCEA des sociétés à responsabilité limitée et impose une analyse approfondie des risques, notamment lorsque des investissements importants sont envisagés.

Comment créer une SCEA ? 

La création d’une SCEA suppose de respecter plusieurs règles relatives aux associés, à la gérance et aux formalités de constitution.

La SCEA peut réunir des associés exploitants ou non-exploitants, qu’ils soient personnes physiques ou personnes morales. Cette diversité permet d’adapter la société à de nombreux projets agricoles, mais nécessite une rédaction rigoureuse des statuts pour prévenir les conflits. Le nombre d’associés est libre, sans plafond légal, à condition d’être au minimum deux.

La SCEA est dirigée par au moins un, ou plusieurs gérants, obligatoirement des personnes physiques. Le gérant peut être associé ou non, exploitant ou non-exploitant, selon ce que prévoient les statuts. Le rôle du gérant, ses pouvoirs et les conditions de sa révocation doivent être clairement définis afin de sécuriser la gestion quotidienne de l’exploitation.

La création d’une SCEA passe par plusieurs étapes clés

- rédaction des statuts, en tenant compte des objectifs du projet ;

- constitution du capital social et réalisation des apports ;

- nomination du ou des gérants ;

- publication d’un avis de constitution dans un journal d’annonces légales ;

- immatriculation de la société au registre compétent.

Et ce, sans mentionner également les autres formalités propres au monde agricole (DAE, Safer, ICPE, Pac, etc…), qu’il faut réaliser en plus des formalités liées à la simple création de la structure juridique de la SCEA. Compte tenu des enjeux juridiques et patrimoniaux, le recours à un avocat spécialisé en droit rural est souvent recommandé.

Ce qu’il faut en retenir…

La SCEA est une forme sociétaire agricole particulièrement souple, adaptée aux projets collectifs, patrimoniaux ou évolutifs. Elle permet d’associer exploitants et non-exploitants, d’intégrer des personnes morales et de préparer la transmission de l’exploitation.

En contrepartie, elle impose au moins deux associés et engage fortement ces derniers du fait de leur responsabilité illimitée. Avant de se lancer, une réflexion approfondie sur les objectifs du projet et les risques encourus reste indispensable. L’accompagnement par un professionnel du droit est un vrai plus, en ce qu’il connaît toutes les subtilités et points de vigilance en la matière.

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